Le PLF pour 2026 prévoit d’allouer 1,5 milliard d’euros aux politiques d’immigration, d’asile et d’intégration. Si l’OFPRA et la CNDA voient leurs moyens renforcés pour accélérer le traitement des demandes d’asile par la création de 48 emplois supplémentaires et de chambres territoriales, le reste du budget révèle un désengagement inquiétant de l’État sur l’accueil et l’intégration.

Alors qu’on estime à plus de 50 000 le nombre de personnes en demande d’asile sans solution d’hébergement adaptée ou sans-abri en France, le PLF pour 2026 acte une nouvelle réduction de 1 403 places dans le dispositif national d’accueil. Cette décision s’ajoute à la suppression de 6 500 places en 2025, aggravant une situation déjà critique pour des milliers de personnes en quête de protection.

Le gouvernement fait aussi le choix de ne pas revaloriser le montant de l’allocation pour demandeur·euses d’asile (ADA) (204 € /mois pour une personne seule) malgré une inflation cumulée de plus de 18% depuis la dernière revalorisation en 2018.

➔ Consulter l’analyse détaillée de la Cimade

➔ Consulter la documentation du PLF 2026 sur l’immigration, l’asile et l’intégration

En conséquence, Dom’Asile a choisi d’interpeler, avec la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et le Groupement des associations nationales (GAN), les député·es et sénateur·rices sur le PLF 2026. Nous appelons à des mesures concrètes et immédiates : rétablir les places d’hébergement d’urgence, garantir l’accès aux droits sociaux et à la santé mentale, aligner l’ADA sur le RSA et soutenir durablement les associations de solidarité.

Depuis fin juin 2025, présenter une carte vitale ou une carte AME est devenu obligatoire pour bénéficier du tiers payant en pharmacie, fragilisant les personnes qui n’en disposent pas. En réaction, Dom’Asile et d’autres associations ont co-signé une lettre adressée à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et la Direction de la sécurité sociale (DSS) exigeant une rencontre afin de partager les constats de terrain et d’échanger sur les adaptations nécessaires pour garantir l’effectivité de l’accès aux soins.

Lire la lettre adressée à la CNAM et la DSS : cliquez ici

Dans un silence pesant, les financements publics affectés à l’accompagnement des personnes exilées, en particulier dans le domaine de la santé mentale, s’effondrent. Ces derniers mois, un nombre croissant d’associations, œuvrant depuis des décennies à la croisée du soin, du droit et de l’accueil, voient leurs budgets amputés, parfois de manière brutale, arbitraire et sans explication.

Le paradoxe est glaçant : la santé mentale a été érigée en « grande cause nationale » de l’année 2025, sans que celle-ci soit au cœur des enjeux financiers et politiques de l’Etat.

Dom’Asile s’est donc mobilisée aux côtés de ses partenaires pour la rédaction d’une tribune dénonçant l’effondrement des financements publics dédiés à l’accompagnement des personnes exilées en particulier dans le domaine de la santé mentale. Des coupes budgétaires qui représentent une mise à mort méthodique d’un secteur essentiel de notre société, une attaque frontale contre les structures de soin et de solidarité.

Dom’Asile via l’ODSE a signé un courrier pour alerter et solliciter un rendez-vous avec la Ministre de la santé Stéphanie Rist à propos les amendements de suppression et de modification du droit au séjour pour raison médicale (DASEM) dans le cadre du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

Lire le courrier d’alerte : cliquez ici

Inquiétés par les multiples attaques politiques et médiatiques contre l’AME matérialisées par les décrets du gouvernement, l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE), dont Dom’Asile est membre, et d’autres collectifs, ont adressé une lettre au Premier Ministre, Sébastien Lecornu, le 23 septembre dernier, afin d’alerter sur la fragilisation de l’AME et de solliciter un rendez-vous pour discuter de solutions concrètes et lutter contre le renoncement aux soins.

Pour consulter la lettre : cliquez ici

L’année 2024 a été marquée par un nouveau triste record : le nombre de personnes déplacées de force dans le monde en raison de persécutions, de conflits, de violences, de violations des droits humains a augmenté de 7 millions de personnes (soit + 6 %, par rapport à la fin de l’année 2023)*.

  • 122,1 millions de personnes se trouvaient en situation de déplacement forcé à la fin avril 2025, contre 120 millions à la même période l’année dernière.
  • Le nombre de personnes déplacées de force a presque doublé au cours de la dernière décennie
  • La plupart des réfugié·es restent près de leur pays d’origine, 67 % d’entre eux étant accueilli·es dans des pays voisins à la fin de 2024.  
  • La population mondiale de réfugiés a diminué de 1 % pour atteindre 42,7 millions de personnes au cours de l’année, en raison principalement du retour, souvent difficile, dans leur pays de près de 1.6 millions de refugié·es du Soudan, de l’Afghanistan, de la Syrie et de l’Ukraine.
  • De plus, 88 900 personnes protégées ont obtenu la citoyenneté de leur pays d’accueil ou se sont vu accorder le statut de résident permanent en 2024

Les principaux facteurs de déplacement restent les grands conflits, ainsi que l’incapacité persistante à mettre fin aux combats, en particulier en République démocratique du Congo, au Myanmar, au Soudan et en Ukraine.

A cela s’ajoutent les coupes budgétaires importantes que connaissent le HCR et la communauté humanitaire, compromettant les capacités d’intervention et de soutien pour des millions de personnes dans le monde.

Le 20 juin 2025, Dom’Asile, dans le cadre du collectif Asile IDF, se mobilise pour la Journée Mondiale des Réfugié·es et rappelle que la mission de protection ne s’arrête pas à la reconnaissance du statut. En effet, même une fois protégées par la France, les personnes rencontrent de nombreux obstacles pour faire valoir leurs droits et mener une vie digne : obtenir un titre de séjour, disposer d’un logement, faire venir leur famille, accéder à leurs droits sociaux…

Ces défaillances dans l’accueil et l’intégration des réfugié·es, aux conséquences tragiques sur leur intégrité physique et psychique, s’inscrivent dans un continuum de maltraitances des personnes étrangères en France*.

Le collectif Asile IDF rend visible des témoignages à l’occasion de cette journée : Les personnes protégées en France racontent

#AsileEnTerreHostile

#Refugié·esOublié·es

#ProtectionAuRabais

——————————————————————-

* Chiffres 2024 – HCR

*Voir notamment « Asile en Terre Hostile : livre noir sur les pratiques abusives et illégales en Île-de-France » (Collectif Asile IDF, juin 2024)

Huit anciens ministres de la santé mettent en garde, dans une tribune au « Monde », contre la remise en cause de l’AME, comme le souhaite le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau.

« Nous, anciens ministres de la santé, nous associons pour rappeler l’importance du maintien de l’aide médicale de l’Etat 

Nous, anciens ministres de la santé, issus de différents courants de pensée, nous associons pour rappeler l’importance du maintien de l’aide médicale de l’Etat (AME).

L’AME ne constitue pas un facteur d’incitation à l’immigration dans notre pays, qui serait aux frais des Français. C’est un fantasme contraire aux faits, à nouveau clairement établis dans deux rapports solides élaborés en 2019 et 2023.

L’AME ne concerne pas des soins de confort, susceptibles d’attirer une immigration dont les causes sont évidemment plus diverses et complexes. Le dispositif se limite à un périmètre précis de soins, déjà révisé en 2019 à la suite des recommandations du rapport, qui permet la prise en charge anticipée de pathologies dont la dégradation présente des répercussions décuplées.

Affaiblir l’AME, c’est exposer notre système de santé à une pression accrue de prises en charge plus tardives et donc plus graves et plus coûteuses.

Un risque de santé publique

La restriction des conditions d’accès à l’AME obligerait en effet les bénéficiaires à consulter plus tard, avec un état de santé dégradé, et donc nécessitant des soins plus lourds. Cette bascule de la prise en charge constitue un piège pour nos hôpitaux et nos finances publiques. Il faut le rappeler : la prise en charge d’un bénéficiaire coûte sept fois plus cher à l’hôpital qu’en médecine de ville. L’AME est par ailleurs la prestation sociale suivie par l’Assurance-maladie avec le taux de contrôle le plus élevé, et fait l’objet d’une attention toute particulière.

La suppression de l’aide médicale de l’Etat, leitmotiv de la droite et pomme de discorde

Concrètement, affaiblir l’AME, c’est désinvestir le champ de la prévention, qu’il s’agisse notamment de la vaccination ou des dépistages. De fait, un tel recul crée un risque sur la santé publique de tous nos concitoyens, notamment infectieux. Sur un même territoire, la santé des uns participe de celle des autres.

Toucher à l’aide médicale de l’Etat va à rebours de la logique même des politiques de santé publique que nous avons mises en place.

Sans permettre de réduire l’immigration illégale, remettre en cause l’aide médicale de l’Etat aurait des conséquences sanitaires, humaines, sociales et économiques inacceptables. »

Signataires :

Roselyne Bachelot, ministre de la santé de 2007 à 2010 ; François Braun, ministre de la santé, de 2022 à 2023 ; Agnès Buzyn, ministre de la santé de 2017 à 2020 ; Agnès Firmin-Le Bodo, ministre de la santé de décembre 2023 à janvier 2024 ; Aurélien Rousseau, ministre de la santé de juillet à décembre 2023 ; Marisol Touraine, ministre de la santé de 2012 à 2017 ; Frédéric Valletoux, ministre la santé de février à septembre 2024 ; Olivier Véran, ministre de la santé de 2020 à 2022.