Tout au long de la période de confinement, les équipes bénévoles de Dom’Asile se sont efforcées de maintenir le lien avec nos publics et ont développé des méthodes et outils afin d’expérimenter l’accompagnement à distance. Par ailleurs, il a été nécessaire de défendre le maintien des droits des personnes exilées durant la période de crise sanitaire et de rappeler aux pouvoirs publics leur devoir de mise à l’abris des personnes vulnérables.

Accompagnement à distance de nos publics

Dès l’annonce du confinement par le gouvernement, nos équipes se sont organisées pour informer les personnes domiciliées dans nos centres de leurs fermetures et proposer des permanences à distance pour les situations nécessitant l’intervention des bénévoles. Nos publics ont été informés de ce fonctionnement par mail ou sms, dans la mesure du possible, ou par le biais des affiches installées à l’entrée des centres. Sarah, bénévole responsable du centre de Vincennes témoigne de cette organisation :

Nous n’avons jamais totalement fermé puisque nous assurions une permanence téléphonique, et avons même pu distribuer quelques courriers urgents quand c’était nécessaire (carte bleue, chèque ..). Pour éviter un engorgement à la réouverture, nous avons assuré des domiciliations à distance, une cinquantaine de personnes avaient pris rendez-vous avant la fermeture des permanences, elles ont toutes été contactées et domiciliées.”

Pour autant, les bénévoles s’accordent à souligner les limites de l’accompagnement à distance, notamment pour les personnes ne maîtrisant pas la langue. Jacques, responsable du centre de Versailles et Président de Dom’Asile explique la difficulté à maintenir les liens :

“Certaines personnes avaient nos coordonnées et se sont manifestées pour nous signaler leur problème. Mais ce n’était pas le cas pour la majorité. À distance, encore plus qu’en présentiel, la difficulté est de pouvoir s’exprimer sans maîtriser le français ni l’anglais et de clarifier une situation souvent complexe… Les personnes allophones et peu familières aux nouvelles technologies se sont malheureusement retrouvées exclues du dispositif d’accompagnement à distance.”

Consciente de ces limites mais aussi des opportunités, Dom’Asile a fait le choix de développer des outils multilingues tels que des tutoriels vidéos traduits en plusieurs langues, pour aider les personnes exilées dans leurs démarches administratives (« Comment faire sa déclaration d’impôts 2019”). Dom’Asile a aussi conçu le site d’informations www.domasile-covid.com, dont le contenu est disponible en français, arabe, bengali, anglais, russe et ourdou. Cette période aura au moins permis d’amorcer une réflexion sur le développement généralisé de ce type d’outil, dans l’objectif de renforcer l’autonomie de nos publics dans leurs démarches administratives.

Actions de plaidoyer

Parallèlement à l’accompagnement à distance, Dom’Asile a travaillé en inter-associatif à la rédaction de courriers d’interpellation aux administrations pour demander le prolongement automatique des droits des personnes exilées pendant l’épidémie de Covid 19 (Aide Médicale d’État, Complémentaire Santé Solidaire, Solidarités Transports…) et exiger une meilleure prise en charge des personnes à la rue. 

 “ Les droits fondamentaux des personnes vivant sur les campements du canal Saint-Denis sont quotidiennement bafoués”

>> Lire le communiqué

Auprès de 16 associations et collectifs de défense des droits des étrangers, Dom’Asile a déposé le 28 mai un « référé-liberté » auprès de la juridiction, estimant que l’Etat et les collectivités avaient été « défaillants », dans le contexte d’urgence sanitaire, n’ayant pas pris les mesures pour protéger les migrant.e.s vivant au bord du canal Saint-Denis. Suite à cette action en justice, les pouvoirs publics ont sommés de garantir aux sans-abri un accès à l’eau, des douches, des sanitaires, ainsi que des masques et du gel hydroalcooliques.

Auteure : Jodie Delfour Barsacq / Photographie : © Maxence Torillioux