Chaque mois, un.e bénévole ou une personne domiciliée dans un centre de Dom’Asile est mis à l’honneur !

Peux-tu te présenter ?


Je m’appelle Sasha, j’ai 34 ans et je suis bénévole aux Gobelins depuis un peu plus d’un an. Je suis russe, je suis arrivée en France en 2013 pour faire des études en anthropologie et langues étrangères. J’ai connu Dom’Asile par le biais d’une amie qui était elle-même bénévole. Avant, j’étais bénévole dans un centre d’hébergement d’urgence. La plupart des personnes étaient étrangères, j’étais donc familière avec la procédure de demande d’asile et les titre de séjour en général. Je connaissais aussi le principe de domiciliation, qui conditionne l’ouverture des droits, ça m’a donc tout de suite parlé !
Aux Gobelins, nous sommes une quinzaine de bénévoles et nous domicilions environ 600 personnes exilées. Il y a eu récemment un renouveau dans l’équipe de bénévoles, ça m’arrive donc durant certaines permanences de me retrouver parmi les plus ancien.nes (rire) C’est un petit défi pour moi, de passer de «l’observatrice » à celle qui transmet ce qu’on lui avait appris ! Je fais aussi partie de l’équipe du projet ILDA (Informations dans la Langue des Demandeurs d’Asile), j’ai aidé à la traduction en russe de vidéos sur la procédure d’asile. En dehors de ça, j’ai repris des études pour me reconvertir en assistante sociale. À l’université, j’avais eu l’occasion de faire un stage d’interprétariat dans un centre d’addictologie, ça a suscité en moi une nouvelle vocation ! Je fais beaucoup le lien entre les notions apprises à l’école et mon expérience sur le terrain avec Dom’Asile, qui m’aide à comprendre les situations des personnes. Il y a toujours une différence entre la théorie et la pratique.

Qu’est-ce qui te rend fière à Dom’Asile ?


L’organisation au sein de l’équipe ! La première fois que je me suis rendue au centre des Gobelins, ça m’a paru un peu chaotique ! (rire) Beaucoup de personnes étaient accueillies en même temps, je ne comprenais pas pourquoi certaines repartaient avec leur courriers alors que d’autres attendaient d’être reçues par des bénévoles… Mais j’ai très vite cerné l’organisation du centre et le rôle de chaque bénévole, entre ceux et celles qui distribuent le courrier, ou domicilient de nouvelles personnes, expliquent les courriers et aident à l’ouverture des droits, etc. Chacun.e à une compétence particulière qui se construit au fur-et-à mesure des permanences et tout le monde y trouve sa place, y compris nos domicilié.e.s, qui sont tous et toutes reçu.e.s et accompagné.e.s de manière personnalisée.

Peux-tu citer une personne inspirante ?


En 2016, j’ai participé à une conférence de Smain Laacher sur la notion du refuge et l’histoire des mouvements migratoires. Ça m’a beaucoup fait réfléchir à pourquoi les personnes partaient de leurs pays et sur la nécessité de les accueillir dignement. Je n’ai pas vécu le parcours d’exil, mon processus d’intégration en France était relativement simple, mais en tant que bénévole j’ai vu beaucoup de situations difficiles qui m’ont fait réaliser que le principe de «droits universels» était souvent bafoué.